*Vie-à-vie/Dos-à-dos*

Un pied qui chute sur un balcon,
Le vent qui se brise sur mes orteils nus,
Le son d'un tram lourd qui se traîne sur des rails étourdis,
Une étoile qui sème sa poussière dans un ciel groggy,
Un cri au milieu de la rue que piétinent des amis,
Des néons pâles qui se réfléchissent sur des fenêtres toujours ouvertes,
Des rideaux jaunes, bleus et gris
Où des ombres jouent aux fantômes,
Le voisin d'en face qui lit,
Et la mosaïque de fenêtres pleines de vie.
Vie-à-vie
Moment volé/Môme envolée

Instant choisi ?


Le vent caresse mes rondes joues.
Mes cheveux que je laisse couler.
<Envie d'écouter Yann Tiersen>

Le vent que j'avale.
Encore un peu de temps suspendu,
Le temps de voir s'éteindre ma journée
Et s'allumer ma nuit.

C'est comme si j'écoutais ma vie
En connaissant déjà la mélodie.
J'écris et je connais déjà les touches.
Je peux parler à d'autres,
Et penser à toi.
Ne pas te parler,
Sans jamais penser aux autres.

Il est où le temps ?
Dis-moi donc mon petit doigt,
Toi qui sais tout,
Toi qui vas,
Toi qui me vois,
Touche de ton doigt

Mon coeur raide qui se ride.

Tu le sens,
Là,
Battre la chamade contre le fer de la rambarde.

Envie de voir dévaler les mots dans la rue qui s'éclaire,
Courir après la voiture
Pour lui dire qu'elle pollue mon air,
Lui dire que je m'en fous,
Que mes mots volent plus vite
Que mille autres galères.

Je n'ai pas besoin d'elles,
Car mes mots,
Vous êtes ailes,
Vous êtes ma galère,
Et mes espoirs.
Vous les portez
A bout de bras
Et les posez comme un baiser
Au bout de mon stylo même fatigué.


Allez,
File Vent,
Va égrener,
Semer,
Germer ma parole
Dans ce ciel auréolé.
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# Posté le samedi 09 février 2008 16:23

*J'écris*

J'aimerai juste inventer un autre langage,
Trouver de nouveaux mots
A poser
Sur d'anciennes douleurs.

Elles me sont si familières,
Qu'elles n'obéissent qu'à mes mots.


Et puis il y a ces nouvelles sensations
Comme les nouveaux visages
D'un coeur qui reste le même.
De nouvelles émotions
Avec d'anciens mots.


J'aimerai juste inventer des lettres nouvelles
Pour oublier ce que porte chacun des mots que je connais déjà.
Des mots tout bêtes
Pour dire que je suis contente,
Que je suis triste.
Mais qui n'ont pas la couleur de mes douleurs.[/align]

J'ai tellement faim des autres.
J'aimerai tellement leur dire de moi
Ce qu'ils ne savent pas,
Ou ne veulent même pas savoir.
J'aimerai qu'on me connaisse comme je me connais.
J'aimerai qu'on me connaisse comme je ne me connais même pas.

J'aimerai que ces nouveaux mots
Effacent mes anciens maux.


Oui, j'aimerai que ces mots
Ne trahissent pas ma pensée.
Ne trahisse pas ma bouche et ses échos.
Que le contour de mes mots
Fasse le tour de ma bouche...



Pardon...
Ils courent après moi les mots des autres,
Comme des panthères à mes pieds,
Comme des vers à mon ventre
.

Ils courent et
Me font chuter dans leur course affolée.


Me vole à toi,
A eux,
Surtout à toi.
Qui ne me parle pas.

Tant pis si tu ne dis rien,
Ecoute-moi juste.
Je parlerai pour les mots que tu ne dis pas.
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# Posté le samedi 09 février 2008 16:16

Modifié le vendredi 15 février 2008 11:25

**Rome wasn't built in a day**

Je n'aime pas forcément faire des ricochets,
Sauf du bord des rives du Buëch,
Avec Youille à mes côtés.

Je n'ai pas forcément peur d'entrer dans la vie des gens,
Sauf quand il s'agit d'aller les déranger,
Sur les rives de l'IEP.

Je n'ai pas forcément la tête dans les nuages,
Juste que mes yeux y traînent des pieds
Quand j'ai envie de les manger.

Je ne fais pas de gâteaux quand je suis triste,
Je fais juste une tarte aux pommes
Avec mon sucre vanillé.

Je n'ai pas forcément été amoureuse d'un garçon que je ne connaissais pas,
Sauf quand je me suis imaginée ce qui n'existerait jamais.


<Comme un mot "si court peut être si long">

Je ne me suis jamais appelée Amélie,
Ni Iseult,
Ni Juliette,
Ni Ariane,
Ni Dulcinée,
Ni Maud.

Je me suis toujours appelée Estelle
Même si j'ai rêvé de porter d'autres noms,
Pour des nons que je portais sur le coeur.

Je ne suis pas joyeuse,
Sauf par instant,
Je ne suis pas naïve,
Sauf par moment,
Je ne suis pas triste,
Sauf maintenant.

J'ai fait fondre mon coeur
Et mes paupières sur des pleurs
Qui n'avait qu'un nom.
Je pleurais pour effacer ce nom de mes joues.

La morale :
Meme si les larmes sèchent,
Leur sillon est à jamais tracé.
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# Posté le samedi 09 février 2008 16:06

*Tout va bien*

Juste parce qu'il est génial.
Que ses violons sont assassins
Mais que c'est beau parfois de mourir d'amour.



Et surtout parce que le 4 février, Cali sort un nouvel album.
Et qu'il s'appelle "L'espoir"




...


Il y a des signes comme ça qui vous tuent le coeur.




<Crois en l'aube qui s'éveille en toi,
Petite soeur,
Petite fille,
Petit être
>

# Posté le jeudi 17 janvier 2008 10:56

*L'importance d'être vivant*

- Alors, qu'est-ce que tu voulais me dire ?
- Je n'avais rien à te dire.
- Alors pourquoi tu m'as faite venir ? Il se passe bien quelque chose.
- Non, il ne se passe rien.
- Mais Xav, tu te fous de ma gueule ? Et pourquoi tu parles comme ça ? Tu es si calme... Il se passe quelque chose, dis-le moi. Sinon tu ne m'aurais pas dit de venir.
- Mais Romane, je ne t'ai jamais dit de venir.
Romane reste interloquée, elle ne sait pas quoi répondre. Elle s'assoit sur un banc. Xavier vient la rejoindre. Elle se colle à lui. Une jeune fille passe devant eux. Les yeux de Xavier restent accrochés au cul difforme de la fille jusqu'à ce qu'un coup de coude de Romane les en arrache. Romane a une impression de déjà-vu. Pourtant, elle ne reconnaît pas le lycée, ni les gens.
- Mais dis-moi quand même... pourquoi je suis là alors ?
- Parce que tu as voulu venir.
- Mais c'est débile, je ne t'ai pas appelé. Et on est où là ? On a refait ton lycée ? Je ne reconnais rien.
- Tu devrais pourtant reconnaître.
- Pourquoi ? On est venu ensemble ?
- Oui, plus qu'on avait espéré.
Romane examine l'endroit et les gens autour d'elle, mais elle a beau regarder, elle ne reconnaît rien. Et puis elle commence à voir flou, tout semble se désagréger autour d'elle. Les gens s'évanouissent, la lumière s'estompe, les arbres disparaissent. Elle ne voit bientôt plus rien, à part Xavier et le banc sur lequel ils sont assis. Il n'y a rien plus rien autour d'eux.
- Xavier, dis-moi où on est. Je commence à avoir peur.
- Dans ton rêve.
- Quoi ? Qu'est-ce que tu racontes ?
- Romane, tu ne crois quand même pas que nous sommes dans la réalité ?
- Bien sûr que si. On a croisé une fille, et puis il y a les gens, et ton lycée... Ce banc... Pourquoi on ne serait pas dans la réalité?
- Romane...
Xavier commence à disparaître, Romane s'approche de lui, essaie de le retenir, lui prend la main. La serre de plus en plus fort.
- Romane, je suis mort. Tu ne peux pas me retenir. Ce sont tes souvenirs qui me font parler. Tu vois le pull que je porte aujourd'hui, c'est celui que j'avais la dernière fois qu'on est vus. Je suis habillé exactement pareil. Tu vois le banc sur lequel on est assis ? C'est le même que lorsque je venais te voir à ton lycée. Tu m'attendais toujours au même endroit. Tu avais peur que je ne te retrouve pas. Regarde-le bien, tu le reconnaîtras. Ce n'est pas le présent tout ça, ce sont nos souvenirs dans lesquels tu vis encore. Ce n'est pas la vie, Romane, ça n'est que son souvenir.
Romane ne peut plus parler. Les mots de Xavier l'ont assommée. Elle ne peut plus bouger. Xavier s'éloigne dans le néant qui engloutit tout entier le rêve de Romane. Elle pleure. Tout doucement, sans faire de bruit, pour ne pas se réveiller.
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# Posté le vendredi 04 janvier 2008 15:57

Modifié le dimanche 06 janvier 2008 14:50