Le vent qui se brise sur mes orteils nus,
Le son d'un tram lourd qui se traîne sur des rails étourdis,
Une étoile qui sème sa poussière dans un ciel groggy,
Un cri au milieu de la rue que piétinent des amis,
Des néons pâles qui se réfléchissent sur des fenêtres toujours ouvertes,
Des rideaux jaunes, bleus et gris
Où des ombres jouent aux fantômes,
Le voisin d'en face qui lit,
Et la mosaïque de fenêtres pleines de vie.
Vie-à-vie
Instant choisi ?
Le vent caresse mes rondes joues.
Mes cheveux que je laisse couler.
<Envie d'écouter Yann Tiersen>
Le vent que j'avale.
Encore un peu de temps suspendu,
Le temps de voir s'éteindre ma journée
Et s'allumer ma nuit.
C'est comme si j'écoutais ma vie
En connaissant déjà la mélodie.
J'écris et je connais déjà les touches.
Je peux parler à d'autres,
Et penser à toi.
Ne pas te parler,
Sans jamais penser aux autres.
Il est où le temps ?
Dis-moi donc mon petit doigt,
Toi qui sais tout,
Toi qui vas,
Toi qui me vois,
Touche de ton doigt
Mon coeur raide qui se ride.
Là,
Battre la chamade contre le fer de la rambarde.
Courir après la voiture
Pour lui dire qu'elle pollue mon air,
Lui dire que je m'en fous,
Que mes mots volent plus vite
Que mille autres galères.
Je n'ai pas besoin d'elles,
Car mes mots,
Vous êtes ailes,
Vous êtes ma galère,
Et mes espoirs.
Vous les portez
A bout de bras
Et les posez comme un baiser
Au bout de mon stylo même fatigué.
File Vent,
Va égrener,
Semer,
Germer ma parole
Dans ce ciel auréolé.