Petit message du soir, espoir...

Petit message du soir, espoir…



Comme une araignée,
Je tisse ma toile dans ton ciel enamouré.

Comme une faucheuse,
Je chevauche les murs à la recherche de souvenirs à étrangler,
A épingler pour excès de détresse.


Comme une amante religieuse,
Je lis chaque soir tes pensées,
A l'orée de la nuit,
Je bois tes paroles,
Tes paraboles,
Pour te prier de revenir.

Et sur la Cène de notre vie,
J'offre mon c½ur en miette
Et mon corps en sang ;
Bois mon ami,
Ttu ne sais pas qui te soûlera,
Te roulera.


J'avais envie de prose ce soir,
De prose à écrire,
A crier sur tous les toits,
Surtout à toi.


Alors à toi,
Le Loup,
Je crie pour que le jour où tu viennes vraiment,
Personne ne me secoure
D'entre tes griffes de velours.


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# Posté le mardi 13 novembre 2007 14:42

*Someone's hearing me?*

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# Posté le mardi 30 octobre 2007 08:43

Modifié le dimanche 04 novembre 2007 11:52

"Le Verbe contre la Barbarie"

"Le Verbe contre la Barbarie"
A l'aide du livre d'Alain BENTOLILA, « Le verbe contre la Barbarie », j'ai décidé de vous parler des mots.
Si lorsqu'on pense aux mots, on fait souvent référence à la culture, les mots ont une place grandissante dans la société et la politique avec tous les enjeux que cela implique. Dans une société où la surabondance de mots côtoie l'absence totale de mots, il est essentiel de montrer en quoi l'absence de mots est dangereuse et comment faire pour lutter contre.


I. Absence de mots « traditionnels »


On peut mesurer l'absence de mots à la hauteur de l'échec scolaire des élèves en France. En effet, 1 élève sur 10 est en échec scolaire. La plupart – sans forcément avoir des parents issus de l'immigration – peuplent pourtant des banlieues plus défavorisées que celles de leurs camarades. Des élèves dont le système éducatif actuel ne convient pas sortent alors du circuit scolaire handicapés verbalement. Ils sont 160 000 par an. Dans son livre, Alain BENTOLILA dénonce alors que du ghetto urbain on soit passé au ghetto linguistique pour arriver jusqu'au ghetto social, professionnel et culturel.
En effet, moins je sais parler, moins je parle, moins j'échange et plus je me renferme sur moi-même. Des gens déjà handicapés socialement et souvent culturellement tombent alors dans un cercle qui devient vicieux. Et rares sont les élèves qui surmontent le double effort à faire pour réussir leur scolarité. En effet, c'est déjà dur d'écrire une dissertation, ça l'est encore plus si les parents n'ont jamais été portés sur la littérature ou s'ils ne parlent pas bien français.

Ces jeunes ont pourtant développé un langage avec des formes qui lui sont spécifiques : c'est par exemple le verlan, le rap et le slam. Le problème est que les enjeux du langage sont aujourd'hui dissimulés derrière des discours égalitaires qui prônent que tous les langages se valent. On pourrait pourtant parler de « nantis » et de « pauvres » du langage.
En effet, comme l'énonce Alain BENTOLILA :


alors que « certains [langages] livrent les clés du monde, d'autres ferment les portes du ghetto ».



II. Quels problèmes pose ce constat ?


Le langage est ce qui nous différencie des autres êtres vivants. Cette capacité à parler permet de pacifier et maîtriser nos relations avec les autres notamment ceux avec qui nous sommes en conflit. Le problème c'est que l'impuissance linguistique n'offre comme seul recours que l'affrontement physique.

On passe alors "des mots aux mains".

Car selon Alain BENTOLILA «lorsqu'on ne peut pas s'inscrire pacifiquement sur l'intelligence des autres, la seule façon d'exister, c'est de laisser physiquement des traces sur le corps de l'autre ».

Alors bien sûr, il ne faut pas être fataliste au point de penser cette situation est généralisée et insurmontable. On a tous des exemples d'amis qui ont réussi sans avoir les moyens de le faire. On peut aussi voir aussi que des moyens d'expression de ces jeunes et moins jeunes existent : les tags, le rap avec le verlan, la littérature dite "des banlieues" avec des livres comme « Kiff Kiff demain ». De plus, avec la popularisation d'idée de « démocratie participative », l'occasion de s'exprimer est offerte à tous, notamment à ceux qui cumulent des difficultés de toute sorte.

MAIS ce n'est qu'une fausse solution pour un vrai problème.

Le problème n'est pas que les gens n'ont pas l'occasion de s'exprimer mais n'en ont pas les moyens. Ne demandons pas aux gens de s'exprimer mais plutôt d'apprendre à le faire.


III. Perspectives de solutions


Que faire alors, quelles perspectives de solutions peut-on élaborer? Il s'agit évidemment d'une politique de l'éducation qui viserait à « redistribuer » de façon équitable les mots.

C'est finalement, redonner tout son sens à l'éducation NATIONALE.

Car en faisant croire que l'échec dans l'école républicaine n'était pas si grave, on a enfermé les jeunes dans leur impuissance verbale. C'est vrai, il n'y a rien de grave à ce qu'un élève issu de l'immigration sans diplôme devienne maçon, au contraire, ça arrange. Le problème c'est qu'il n'y a pas de métier absolument manuel et ne nécessitant pas l'usage d'une parole élaborée. En réalité, l'apprentissage du langage n'enseigne pas que les mots, il inculque une réflexion nécessaire pour se défendre dans la vie et la résistance intellectuelle indispensable pour lutter contre des explications simplistes et des dangers démagogiques.

Finalement, le premier pas que le personnel politique devrait faire serait de reconnaître qu'un enfant sur dix en échec scolaire connaîtra certainement un échec professionnel donc social donc civique et donc politique. C'est pourquoi il faut redonner aux mots leur envergure et leur enjeu réels. Il ne faut pas seulement considérer qu'ils sont un enjeu culturel et scolaire mais qu'ils ont aussi des incidences professionnelle, personnelle, sociale et bien sûr politique.


Peut-être est-ce parce que j'ai beaucoup lu, et un peu écrit, que je n'ai jamais pu dissocier les mots des maux. L'absence du premier engendrant souvent la naissance du second. Alors à mort la mort des mots. Je ne demande pas que l'on chante l'amour des mots ni que des mots ne naisse plus la haine. Je veux juste que les mots existent. Qu'ils soient beaux, moches, long, courts, creux ou crus, il suffit qu'ils existent. Il suffit que chacun puisse apprendre à bien parler pour parler bien.
Il suffit que chacun apprenne "ce que parler veut dire".

# Posté le samedi 27 octobre 2007 15:23

Modifié le samedi 27 octobre 2007 15:40

*La griffure du destin*

*La griffure du destin*
J'ai un chat dans la gorge,
Il racle mes nuits,
Il râle à chaque rêve
Et caresse toutes mes peines.

J'ai un chat dans la gorge qui miaule au croissant de mes cernes chaque nuit.

J'ai un chat dans la gorge qui joue avec la pelote de mes nerfs.

J'ai un chat qui vient de tomber, le toit était trp près, le chat est tombé amoureux.

J'ai un chat dans la gorge qui vient se pendre aux cordes qui me font crier, il tire sur mes paupières pour les cerner, il bave sur mes yeux pour ne pas les salir.

J'ai un chat dans la gorge qui court après mes sourires, mais il ne sait pas que le désespoir les a croqués.

J'ai un chat dans la gorge qui boit le lait de mes desseins inanimés.

J'ai un chat dans la gorge,
Ses ongles dans le fonds de ma rouge gorge,
Qui remonte jusqu'au palais de ma bouche,
Et comme d'un enfer,
Sort son museau,
Ouvre sa gueule
Et vomit mon c½ur.

Chat de malheur.




*La tristesse c'est ce que l'on cache dans les poches de ses yeux.*

# Posté le lundi 22 octobre 2007 08:37

Modifié le mardi 30 octobre 2007 11:58

*Juste un peu de silence*

Elle s'est souvenue qu'elle l'avait vu à la télé il y a longtemps de cela. Sur son vieux canapé, elle se rappelle. Une émission de cinéma. Où d'autre aurait-il pu être ? Elle riait d'incrédulité. De bonheur aussi. Oui, il était bien là. Assis derrière le présentateur, comme ces gens auxquels on ne fait jamais attention. Ils font presque partie du décor. Mais pas lui. On ne voyait que lui. Avec ses cheveux qui bataillaient, ses yeux doucement couleur d'ébène, sa dent noire que l'on devinait à peine, ses épaules sages devenues si larges. En le voyant, son souffle s'est coupé. Haletante, elle bégayait son prénom, sans y croire vraiment.
Voilà deux ans qu'elle n'avait pas vu ce visage. Elle croyait l'avoir oublié. C'était sans compter sur la force du souvenir. Le rythme saccadé des images qui défilaient se confondait avec les battements de son c½ur. « Deux ans » se dit-elle. C'était comme si elle le voyait pour la première fois.
Elle n'entendait plus parler le présentateur. Il y avait simplement cette distance entre elle et lui. Ce silence qui leur faisait garder leurs distances. Comment ont-ils pu passer d'une relation fusionnelle à cette absence silencieuse ?
Elle avait perdu l'habitude de s'étonner quotidiennement de sa beauté. Si elle avait pu, là devant sa petite télé grésillante, elle aurait arrêté chaque seconde pour les laisser flotter dans l'air. L'écran continuait de lui cracher ses images, mais ses paupières tombaient déjà. Elle commençait à voir le visage devenir chair devant ses yeux endormis. Elle savait pourtant qu'elle était en train de rêver. Elle le savait pour une simple raison : elle était là, lui non ; il était ailleurs elle non.
Elle s'est endormie comme chaque nuit : en pensant à lui.
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# Posté le lundi 22 octobre 2007 08:29