*"L'automne est le printemps de l'hiver" Henri de Toulouse-Lautrec*

*"L'automne est le printemps de l'hiver" Henri de Toulouse-Lautrec*
J'étais dans le tram,
Entre deux pubs sur France Inter,
Mon esprit a fini par s'échapper.



Il pleuvait sur Grenoble.
Les nuages avaient noirci,
Le vent chantait dans les arbres.



Alors je me suis souvenue.


Quand j'étais à l'école primaire,
On avait ces vieux bureaux
Avec le trou pour mettre l'encrier.
Les deux sièges étaient tenus entre eux par une double bar de fer.
*Tu te souviens?*


Quand il pleuvait,
J'avais mon parapluie,
De ces parapluies minuscules en plastique
Qu'on avait toutes à l'école.
Arrivée en classe,
Je le calais entre les deux barres de fer.
Pendant que la maîtresse parlait,
J'étais aspirée par ce qu'il se passait dehors,
Je ne pouvais pas m'empêcher de regarder la pluie tomber,
Sur les toits,
Sur les parapluies,
Sur les feuilles,
Contre les carreaux de la vitre.

Parfois si violemment.



Si j'avais fini mes exercices,
Je pouvais alors commencer mon périple.
Je regardais dehors,
Et je fermais les yeux,
Je prenais la paume de mon parapluie,
C'est lui qui me guidait : on descendait les escaliers,
On traversait la cour.
Quand je l'orientais à gauche, nous tournions vers la grande descente du château.
A droite c'était la pente dangereuse de la piscine.


Et j'étais partie dans les nuages.
Loin de cette salle.
De mon vieux bureau miteux,
Je voyageais seule.
J'allais dans la rue,
Je saluais les gens,
Courais après la pluie
Dans ces matins de brume.



L'école finie,
Je revenais sous mon parapluie magique.
Je ne me suis jamais sentie aussi à l'abri que sous un parapluie.
C'est peut-être pour ça que je fais souvent pleuvoir mes yeux.
Pour me sentir à l'abri?




*Ecoute la pluie chanter,
C'est le temps qui pleure*

# Posté le dimanche 14 octobre 2007 08:33

*Que fait la vie?*

Il y a ces choses qui n'apparaissent que sur la pellicule sensible des photos,
Celles qui ne se voient que dans les poussières d'un vieille vidéo,
Les autres qui ne s'aperçoivent que dans les couloirs de la mémoire.



C'est du bonheur qui coule de nos souvenirs.



J'aurais voulu que le temps s'arrête,
Une seconde en l'air,
L'air de rien,
Un rien qui rend heureux.

La vie ne tient qu'à ce fil
Que l'on accroche au bout de ses doigts :
Le fil de l'espoir.

Le passé souffle dans mon cou,
Je frissonne.

Il me dit que c'est ça la vie,
Un souffle qui passe,
Une seconde qui fuit,
Le temps qui glisse sur nos paupières.


Le passé chuchote à mon oreille,
Il me tend les bras,
M'offre mille présents.

Il me répète que c'est ça la vie,
Une porte au bout des doigts,
Un terrain vague qui soulève de la poussière.



Le passé mord dans mon cou,
Deux trous béants
Qui aspirent la vie.
Il me crie que c'est ça la vie :
Un creux dans la peau,
Des vagues dans les yeux,
Un mal au coeur.


Et je marche sans savoir où je vais,
Le cou fiévreux,
Les yeux brûlants.


Je frissonne.
J'entends au loin le passé
Qui s'enfonce dans l'horizon.

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# Posté le dimanche 14 octobre 2007 08:09

*Une enfant sans siècle*

J'ai souvent fait de mauvais choix dans ma vie,
Ils n'avaient souvent qu'un nom,
Ne devaient servir qu'une seule bannière :
L'amour.


Je me battais jusqu'au bout pour lui,
A m'en déchirer la poitrine,
A m'en noyer les yeux.




J'ai fait de mauvais choix en croyant aimer vraiment.
J'ai égaré les chemins de l'amitié pour sauver l'amour.
Qu'y-a-t-il d'honorable à cela?
De romantique?



Parce que tu as quinze ans
Et que tu crois encore que la vie est un rêve,
Tu plonges doucement dans ce poison,
Tu y grandis jusqu'à te cogner contre un plafond gris.
Tu y grandis jusqu'à y faire pousser des ailes,
Des ailes qui te servent à voler sous ton plafond gris.
Oh bien sûr, ton plafond a plein d'étoiles,
Comme toi dans les yeux.
Il y a un même un soleil en plein minuit.
Et un temple qui s'appelle l'amour.



Oui tu le sais toi aussi,
Car au fond tu y as cru.


Comme moi,
Tu as sacrifié la vie sur l'autel de l'amour.
Tu as prostitué ta vie pour les beaux yeux des étoiles.


Parce qu'on t'a appris qu'il fallait préférer "le mal que tu me fais
Que le bien que me font les autres
".
On t'a appris "qu'on n'aime qu'une seule fois de toute son âme"
Et que tu le sais, "que c'était lui, c'était cette fois-là".

Cette foi-là,
Je n'y crois plus.


Et pourtant,
Qu'est-ce que j'y peux
Si je ne suis qu'une amante religieuse.
Qui dévore les gens pour simplement faire vivre l'amour,
Qui boit un coeur jusqu'à la lie,
Qui dépouille une âme jusqu'à sa fin.

Je ne suis qu'un cavalier dans une croisade pour l'amour,
Une croisade vers nulle part,
Pour rien du tout.


J'ai perdu Xav pour Ben,

J'ai perdu Elise pour Marec,

Olivia, Xeuh et tous les autres pour Rémi.



J'ai cru être digne d'aimer,
Je ne suis même pas digne d'être aimée par mes amis.
Car qui sacrifie l'amitié à l'amour
N'a rien compris à la vie.

# Posté le dimanche 30 septembre 2007 16:59

Modifié le dimanche 30 septembre 2007 17:10

*"One, two, three, four" Feist*

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# Posté le mercredi 26 septembre 2007 11:49

*Amie, come sit on my wall*

*But I'm not a miracle
And you're not a saint
Just another soldier
On the road to nowhere
*

# Posté le samedi 15 septembre 2007 15:31